Association Pétrocorienne pour l'Étude et la Pratique des Arts Martiaux Historiques Européens
Perigüers Estocada - L'escrime médiévale à l'épée longue

L’art de l’épée longue dans le combat médiéval
L’épée longue médiévale est au cœur des Arts Martiaux Historiques Européens. Arme emblématique du Moyen Âge, elle demande précision, puissance, placement, maîtrise de la distance et capacité à prendre l’initiative au bon moment.
Chez Perigüers Estocada, elle occupe désormais une place centrale dans les entraînements en semaine. Notre travail s’appuie principalement sur deux grandes traditions martiales du début du XVe siècle : celle de Fiore dei Liberi et celle de Johannes Liechtenauer.
Chez Fiore dei Liberi, l’épée longue, ou spada a due mani, s’inscrit dans une progression globale qui va de la lutte au combat en armure. Dans le Fiore di Battaglia, elle se travaille notamment à travers deux grandes situations :
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le zogho largo, ou jeu large, à distance, avec coupes, estocs, parades et reprises d’initiative ;
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le zogho stretto, ou jeu étroit, au contact, avec liages, désarmements, contrôles et projections.
Chaque garde, ou posta, exprime une manière de se placer, de menacer, d’attendre ou de provoquer l’action adverse. L’objectif n’est pas seulement d’apprendre des techniques isolées, mais de comprendre une logique de combat : gérer le tempo, lire la menace, entrer au bon moment et adapter sa réponse.
La tradition de Johannes Liechtenauer aborde l’épée longue sous un autre angle. Elle repose sur des vers techniques, le Zettel, commentés par plusieurs auteurs et glossateurs. À travers des sources comme le MS 3227a, associé à Pseudo-Hans Döbringer, ou le Cod.44.A.8, souvent appelé Codex Danzig et lié notamment à Peter von Danzig, on retrouve une approche centrée sur l’initiative, la pression, le travail du fer, la lecture de l’adversaire et la capacité à reprendre l’avantage.
Cette tradition met particulièrement l’accent sur des notions comme le Vor et le Nach, c’est-à-dire l’initiative et la réaction, mais aussi l’Indes, ce moment d’adaptation dans l’action où il faut sentir, décider et agir sans retard. Elle permet d’étudier l’épée longue comme un art du mouvement, de la décision et de la domination de la ligne.
Travailler Fiore dei Liberi et Liechtenauer ne signifie pas mélanger deux systèmes sans distinction. Au contraire, cela permet de confronter deux traditions, deux vocabulaires et deux manières de penser l’épée longue, afin d’enrichir la pratique tout en respectant les sources.
Pratiquer l’épée longue aujourd’hui, c’est donc apprendre un art martial ancien dans un cadre moderne, progressif et sécurisé : coupes, estocs, déplacements, lignes de menace, contact des lames, prises d’initiative et décisions sous pression.
